22.08.2008

A la mémoire de nos 10 soldats morts en Afghanistan

Les Jeunes Démocrates des Hauts de Seine rendent hommage aux dix soldats français tombés sous le feu, en Afghanistan, le mercredi 20 août.
Ils s'associent à la peine de leur famille, de leurs proches, de leurs amis. Ils souhaitent également un bon et prompt rétablissement aux 21 autres blessés.

 

Néanmoins, cela doit nous amener à réfléchir comment 10 jeunes français, et plus généralement 3000 soldats français, se retrouvent en Asie centrale à combattre un ennemi invisible et non conventionnel.
Il ne s'agit pas là de demander le départ de nos soldats présents en Afghanistan, il s'agit avant tout de s'intérroger pourquoi la mission des français a changé du jour au lendemain. Jusque là essentiellement destinée à la formation de la future armée afghane, les américains et l'OTAN (dont la France ne faisait pas partie au moment de l'engagement dans ce pays) ont poussé la France à être plus présente sur les fronts. Et voici le résultat : 10 morts. Être militaire de profession, c'est certes accepter ce risque. Mais, était-ce une fatalité?
Nous aimerions croire que ces 10 morts soient les premiers et les derniers. Or, on peut déjà le prédire sans défaitisme, ils ne sont que les premiers.

La France est pris de plein pied dans le bourbier afghan, ou plutôt, a été entraînée dans le bourbier. Reculer et rentrer serait signe de faiblesse auprès de notre coalition et les talibans le prendraient comme une victoire. Nous devons donc, maintenant, rester en Afghanistan, et faire le maximum pour réduire l'influence des islamistes fondamentalistes. Il n'y a pas, objectivement, d'autres solutions.

Dès la mission en Afghanistan reconsidérée il y a quelques mois, il allait de soi que la France aurait plus de morts. Former une armée est gratifiant et non dangereux. Aller au combat requiert toujours d'accepter des pertes humaines dans ses rangs. Nicolas Sarkozy, par sa prise de position visant à s'aligner sur le gouvernement américain, le savait pertinament. Il savait pertinament que dans la nouvelle mission qu'il conférait à l'armée française avec l'augmentation des effectifs, il y avait une part de soulager les pertes américaines pour les remplacer par des françaises. Ces pertes humaines lui sont donc dûes en grande partie. Car sans cette décision invraisemblable d'augmenter les effectifs français en Afghanistan et de réorienter les missions, nous n'en serions par là.
Dix sont tombés durant le mois d'août. Combien avant le mois de décembre? Combien en 2009 ?

Un dernier point. Autant on peut concevoir un hommage national pour les morts pour la France, autant on peut difficilement croire que pour tous les prochains tombés en Afghanistan, il y aura à chaque fois un tel hommage.

 

Gilles G.

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