07.12.2008
Contre la disparition programmée des IUT !
Les Jeunes Démocrates des Hauts-de-Seine soutiennent les revendications des étudiants, personnels et présidents d'IUT (Instituts Universitaires Technologiques) dans leur lutte contre le futur statut des IUT dans le cadre de la loi LRU (Libertés et Responsabiltés des Universités). Sont concernés, dans les Hauts-de-Seine, les IUT de Sceaux, Saint-Cloud et Ville-d'Avray. Ainsi que les nombreux étudiants des IUT de Paris, Cachan, Saint-Denis, Villetaneuse, Vélizy et d'autres villes, habitant notre département.
Concrètement, cette loi, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2009, prévoit de retirer toute dotation globale de fonctionnement (DGF) aux IUT (personnes et finances).Chaque UFR IUT devra dès lors négocier son budget avec son université de référence.
Or, la qualité de l'enseignement et les diplômes proposés par ces établements, donc leur réputation, dépend de cette dotation directe.
Les IUT adaptent leurs finances et leurs personnels à leurs besoins propres avec une certaine souplesse. Et surtout, grâce à un apport de capitaux privés, les IUT permettent à des entreprises d'investir directement dans des formations d'IUT. Cet investissement sera bien entendu toujours possible, mais sera bien plus lourd et administratif pour les entreprises, qui devront passer par les universités centrales. Ce qui fait craindre une sérieuse baisse de budget des IUT, et donc de conditions d'études, notamment concernant la qualité des TP (travaux pratiques).
Combien de chefs d'entreprises seront dorénavant réticents à investir dans un établissement scolaire s'il ne peut avoir la garantie que son argent sera bien investi dans la formation qu'il veut soutenir ? Nul ne peut le savoir.
Dès lors, c'est l'existence même des IUT, leur spécificité universitaire qui est remise en cause. Quid de la valeur des diplômes?
Aujourd'hui, la dotation globale provient directement du Ministère de l'Education, avec une grande liberté pour les présidents d'IUT pour requérir à d'autres fonds. La réforme LRU entrainera la régionalisation des universités.
De ce fait, la qualité de l'enseignement, et donc la valeur du diplôme, ne sera plus la même selon l'endroit où l'on fait ses études, en fonction de la richesse des universités.
Entendons-nous bien : ce n'est pas la délocalisation et l'autonomisation des universités qui est remise en cause ici-même; celle-ci est plutôt souhaitable et permettra, entre autre, de rapprocher les réalités économiques d'un bassin d'emploi avec les études universitaires qui permettent des réels débouchés locaux. Non, ce qui est remis en cause, c'est le statut des IUT qui sera inhérent à cette autonomisation.
En outre, la ministre de l'Enseignement Supérieur, Valérie Pécresse, n'a donné, pour le moment, aucune garantie quand au fait que les DUT, qui s'acquièrent actuellement en 2 ans, garderont une valeur propre hors du système LMD, et ne seront pas ramenés à une équivalence DEUG.
Ce qui signifierait, clairement, que le DUT, à l'origine conçu pour les étudiants voulant s'insérer dans la vie active par des études courtes et orientées professionnelles, ne pourrait plus servir à s'insérer directement dans la vie active qu'à la condition de faire une 3e année complémentaire de licence pro ou autre pour arriver au niveau L du LMD ! S'il est vrai que dans les faits beaucoup d'étudiants le font, ce genre de raisonnement est purement inacceptable, et remet une nouvelle fois en cause le principe même des IUT et d'études post-bac en 2 ans.
Les IUT aujourd'hui sont un modèle de réussite, ils fonctionnent bien, leur principe d'intégration à la vie active par des TP, projets tuteurés et stages, incite les entrepreneurs à investir; et les conditions d'étude sont, généralement, de très bonne qualité. A l'issue d'un DUT, le taux de chômage est relativement faible pour tous les étudiants, voire quasi-nul pour certaines séries mécaniques ou électroniques. Et ce, avec un seul bac+2.
Ce qui nous fait, naturellement, poser une question : En cette période de restrictions budgétaires, probablement durables, l'Etat aurait-il intérêt à remettre en cause le principe même d'études courtes et formant directement à la vie active, et plutôt ne pas inciter à développer ce type de formation en promouvant cette spécificité au lieu de la noyer?
Certes, les IUT peuvent parfois sembler des oasis au milieu d'universités en mauvais état, et provoquer certaines jalousies concernant les conditions d'étude entre un étudiant d'une faculté et un étudiant d'un IUT. Mais cette différence tient seulement en deux points : une grande autonomie financière pour les IUT qui permet de la souplesse dans leur gestion, et également un numerus closus à l'entrée des IUT. Ce dernier n'est pas remis en cause, bien heureusement, et il permet d'avoir un budget par étudiant bien plus élevé qu'en faculté, et donc de meilleures conditions d'études. Si l'un de ces deux piliers n'est plus, la spécificité de l'enseignement en IUT n'est plus.
Cette réforme universitaire, c'est la mort à petit feu des IUT, de la valeur et de la reconnaissance de ses diplômes. L'accepter, c'est accepter la disparition programmée des universités. C'est inenvisageable.
Le mardi 9 décembre prochain, une journée d'action nationale est prévue à ce sujet. Nous ne pouvons que vous inciter à participer aux différentes manifestations prévues.
En vidéo (merci à nos collègues héraultais):
Gilles G.
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