10.04.2008
La stratégie de Sarkozy contre Bayrou
"1) Plusieurs mouvements récents dans la famille centriste sont à noter.
Votre proposition à Michel Mercier pour appartenir officiellement à la majorité présidentielle a sans doute été un déclencheur puisque le président du groupe UC du Sénat ne s'en est pas caché.
Les ministres centristes (Hervé Morin, Valérie Létard, André Santini – Christian Blanc se tient à l'écart) ont alors redoublé d'assiduité auprès des sénateurs centristes pour leur proposer une alliance plus claire au sein du Nouveau Centre. Le petit groupe prêt à le faire atteindrait aujourd'hui le tiers de l'effectif.
Depuis le lendemain des élections municipales, Michel Mercier a fait savoir à François Bayrou et Marielle de Sarnez qu'il ne les suivrait plus dans des opérations-suicides et sectaires et que c'était là sa responsabilité de trésorier à la fois de l'UDF et du MoDem.
Jean Arthuis, dans une interview au Journal du dimanche, est venu s'aligner pratiquement mot pour mot sur la position de Michel Mercier.
Thierry Cornillet, député européen centriste, que vous avez reçu, a de son côté publié un manifeste pour le Centre qui constitue à la fois une proposition et une analyse pertinente de la situation : le Nouveau Centre ne recrutera pas plus, par contre il est possible de retravailler dans le cadre de l'UDF historique sans François Bayrou.
Dans le même temps, de nombreux élus dans le Grand Ouest, maires de petites villes (Douarnenez, Concarneau, Landerneau, Quimperlé) ne s'affilient pas au Nouveau Centre mais se réclament de l'Union centriste. Pierre Méhaignerie, comme il vous l'a d'ailleurs dit, les encourage dans ce sens. S'ils ne veulent pas venir à l'UMP, il préfère qu'ils n'aillent pas non plus au Nouveau Centre.
2) Derrière ces mouvements variés, plusieurs constantes peuvent nous permettre de continuer à compter sur l'ensemble de la famille centriste pour la recherche d'une majorité au Sénat et d'une majorité au Congrès.
Michel Mercier souhaite sincèrement être ministre et reste très intéressé par la possibilité pour un parlementaire de retrouver son siège directement, comme l'avant-projet de loi constitutionnelle le prévoit.
Jean Arthuis veut conserver la présidence de la commission des finances en septembre prochain.
Pierre Méhaignerie veut rester la référence centriste au sein de l'UMP.
Enfin, il est clair qu'à quelques semaines du versement aux partis politiques de la dotation publique de l'Etat, les sénateurs centristes et de nombreux élus locaux ne veulent plus en faire bénéficier François Bayrou et Marielle de Sarnez, sans pour autant apporter tout cela au Nouveau Centre.
En conclusion, il est possible dans les semaines qui viennent que les UDF centristes historiques récupèrent même matériellement le siège du parti et tous les actifs qui y sont, lesquels appartiennent toujours formellement à l'UDF. Nous nous retrouverions alors avec un parti centriste supplémentaire (l'ancienne UDF) entre le Nouveau Centre et le MoDem.
3) Il est clair que, depuis plusieurs semaines, cette analyse a été faite par Jean-Louis Borloo et son secrétaire général, Laurent Hénart. Le ministre d'Etat multiplie les entretiens et les déjeuners avec l'ensemble de cette mouvance et tente, en vain jusque-là, de la fédérer à son profit.
Dans ce contexte, la réunion que vous présidez [mercredi 9 avril] avec la majorité présidentielle n'en est que plus opportune."
Fin de citation.
Belle preuve de cynisme et de retour aux magouilles politicardes non ?
Source : Le Monde
18:48 Publié dans Polémique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, bayrou, modem, udf, politique, centre, ump
19.08.2007
Le conseil constitutionnel contre le crédit d'emprunt du gouvernement Sarkozy
La promesse de Nicolas Sarkozy sur le crédit d'impôt pour l'accès à la propriété privée se retrouve rattrapée par le Conseil Constitutionnel. Sa mesure proposait, pendant 5 ans, une baisse de l'impôt pour les propriétaires souscrivant à un crédit immobilier pour l'achat ou la construction de leur résident principale.
Priés de s'expliquer sur la rétroactivité de la loi, Eric Woerth et Christine Boutin ont répondu que la mesure démarrerait le 6 mai 2007 car "la rétroactivité des lois, cela n'existe pas vraiment. Et là, il faut bien démarrer à un moment. C'est donc à partir de l'élection du président de la République que cette mesure sera applicable". Nicolas Sarkozy a procédé à un recadrage en imposant le fait que la loi sera rétroactive sur les 5 dernières années.
Le Conseil ne l'a pas entendu de cette oreille et l'a censuré jeudi dernier. La raison : "la loi avantageait certains contribuables, ceux ayant contracté des prêts depuis 2002, sans que ce traitement défavorable aux autres contribuables soit justifié au regard de l'objectif de redistribuer du pouvoir d'achat qui concerne tous les Français."
En réponse à cela, François Fillon a publié un communiqué dans la journée informant que le gouvernement allait faire une autre proposition dans les jours qui suivent pour tenir les engagements de l'ex-candidat Sarkozy.
Comme quoi, même notre président Sarkozy a réussi à faire des mesures irréalisables.
Christophe BEYER
3ème circonscription des Hauts de Seine
21:35 Publié dans Polémique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politiuqe, modem, sarkozy, bayrou, jeunes, hauts de seine

